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Denise Lachapelle Peintre-Graveure
Texte de Dany Boudreault
texte de Dany Boudreault sur l'oeuvre de Denise Lachapelle
  • Rouge.
  • Un volcan. Violent.
  • Son crépitement intérieur.
  • C’est ça. Précisément
  • Ce sont les stigmates que l’œuvre de Denise Lachapelle nous inscrit dans les tripes.

  • On sent le battement d’un cœur fauve qui surgit dans l’urgence du trait.

  • On sent la joie de ne pas être seule finalement.
  • Après tout.

  • On sent la douleur nécessaire et toute cette lumière contenue et irradiante.

  • Cette lumière-là.
  • Immense.

  • On sent ce gouffre dans le ventre.
  • Comme un endroit où revenir.
  • Un endroit à combler.
  • Chaque toile est un pays où il y a tellement à franchir.
  • Une volière aux oiseaux farouches et indomptés.
  • Une volière aux oiseaux farouches et indomptés.

  • On sent la mère criant comme un mirage dans le désert.
  • Ce corps de femme irrigué et tiré vers le fleuve de l’enfance.
  • L’âge nous exile et nous tire.
  • Nous tire et retire.
  • Nous bascule dans la mémoire.

  • On ne sentira jamais assez. Ce n’est qu’une bouffée d’air.

  • Quand l’artiste peint, c’est dans l’émerveillement.
  • La jeunesse à la fin des doigts.
  • À la fermeture des yeux.
  • Une naïveté contrôlée ou une âme fougueuse?
  • Je ne sais pas.
  • Une maturité qui dépasse l’œuvre.

  • La vie est partout.
  • À vif.
  • La vie transpire.
  • À l’asile dans nos bras.
  • Un asile comme un refuge.
  • Un reste d’étreinte avant la folie.
  • Une trêve enveloppante.
  • L’étreinte sauve.

  • C’est l’élan euphorique qui suit.
  • Ce qui suit, c’est la posture dans laquelle on atterrit dans l’art.
  • Le brouillard, après.
  • Une certitude s’il vous plaît.
  • La voici : la peinture de Denise est un geste éperdu de liberté.
  • Je sais ça.

  • Bleu.
  • Le doute. Le doute exact.
  • Le poison essentiel de la création.

  • C’est dans le bleu que Entracte convie notre œil.
  • Bleu,
  • témoin d’une mémoire sans nom du corps ravagé,
  • du silence.

  • Tout cet amour dirigé vers les autres.
  • Mitraillé vers l’autre.
  • Ce doute transcende l’œuvre. Il la rend profondément humaine et vivante
  • et fait écho à notre propre inquiétude.

  • La seule vérité qui persiste dans ce magma d’incertitude : c’est le moment, l’instant saisi.

  • La décision de freiner ce qui nous bouge.
  • Un volcan intercepté à l’éruption.
  • Figé dans un moment de vie extrême.

  • La seule vérité demeure un frein à l’ouragan, un plein d’absolus.
  • Un instant d’apnée pour vivre davantage.
  • Être immobile une seconde pour mieux se courir après.
  • L’ouragan qui nous occupe.
  • Nous emporte, nous garroche.
  • À l’Entracte.
  • L’entracte:le seul moment viable du repos des sens.
  • Repos du sens.
  • L’entracte enchâssé entre deux torrents de vie.

  • Denise Lachapelle nous accompagne dans cette aventure intérieure. Elle prend part au spectacle de l’éboulement.
  • Tapie dans le creux d’une couleur évasive.
  • Elle est là, nous regarde la regarder.
  • Nous ratisse-le dedans.

  • C’est la science de celle qui a vécu bien avant elle.
  • Celle qui a tant à naître.
  • Qui cherche à vivre plus.
  • L’âme dirigée comme une étoile.
  • L’intuition à fleur de peau.

  • L’entracte parce que la vie est un spectacle exclusif.
  • Un spectacle à ciel ouvert.
  • Un spectacle libre-service.
  • Libre.
  • Oui.

  • L’entracte comme une morsure pour figer la vie.
  • La rendre nôtre.
  • Se rapatrier à nous-mêmes,
  • et se dire qu’il y a une suite après nous.

  • Un entracte
  • Pour être soi
  • D’une traite.